Topic: Le père goriot (Balzac)

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Topic: Le père goriot (Balzac)

Message par abualy le Sam 15 Sep 2007, 15:58

Biographie de BALZAC (1799 - 1850)




1) Une mère indifférente

1799
Naissance d'Honoré Balzac à Tours le 20 mai. Il est le fils de Bernard-François Balssa, directeur des vivres de la 27ème région militaire et d'Anne-Charlotte Sallambier originaire d'une famille bourgeoise parisienne. La mère de Balzac a trente-deux de moins que son mari. Son patronyme est emprunté à une vieille famille noble, les Balzac d'Entraigues. A la naissance d'Honoré, la famille ne s'est pas encore "emparée" de la particule.

1800
29 septembre, naissance de sa sœur Laure

1802
18 avril, naissance de sa sœur Laurence. Utilisation pour la première fois de la particule " de Balzac"

1804
Mis en nourrice dès sa naissance, Balzac est confié à partir de cette année-là à la pension Le Guay de Tours. L'indifférence froide de sa mère, l'apathie de son père causeront au jeune Honoré une mélancolie inguérissable.

1807
Il est pensionnaire au collège de Vendôme. Il y restera jusqu'en 1813.

Naissance d'Henri un enfant que la mère de Balzac a conçu avec Jean de Margonne, Chatelain de Saché.

1814
Installation de la famille Balzac à Paris

1816
Il s'inscrit à la faculté de droit et devient clerc de notaire dans l'Etude de maître Guillonet Merville. Il utilisera cette expérience pour créer Derville dans la Comédie humaine


2) Les années d'initiation

1819
Déménagement de la famille Balzac à Villeparisis. Balzac est reçu bachelier en droit mais, malgré le souhait de ses parents, il refuse de devenir notaire.

1820
Mariage de Laure avec Eugène Surville

Mariage de Laurence avec M. de Montzaigle

1822
Balzac devient l'amant de Mme de Berny, qu'il connaît depuis deux ans. Mme de Berny lui apportera la tendresse et l'affection dont son enfance l'avait privé. Elle est de quinze ans son aînée et sera à la fois sa confidente, sa protectrice et puis son amante. Leur liaison durera dix ans.

1823
La Dernière Fée

1824
Du droit d'aînesse

Histoire impartiale des jésuites

Annette et le criminel

1825
Code des gens honnêtes.

1828
Après s'être essayé éditeur, puis imprimeur et enfin fondeur de caractères, Balzac connaît la faillite. Toute sa vie, malgré les gains importants dus à la publication de ses nombreux romans, Balzac sera poursuivi par les créanciers, qu'une gestion brouillone et un goût immodéré pour le luxe multiplient à ses trousses.

1829
Les Chouans, premier roman signé Balzac

Mort de son père ( 19 juin)

Physiologie du mariage. Cet ouvrage connaît un large succès et vaut à Balzac d'être admis dans les salons littéraires. Il fréquentera notamment ceux de Mme de Récamier et de Mme de Girardin qui lui permettront de rencontrer Victor Hugo, Alfred de Vigny, Alexandre Dumas et le peintre Delacroix.


3) Les années fécondes

1830
Publication de la première série Scènes de la vie privée, et collaboration au feuilleton des journaux politiques. Il va bâtir roman après roman une oeuvre qui prend en 1841 le nom de Comédie humaine

Il voyage en val de Loire avec Laure de Berny.

1831
La Peau de chagrin ( août). Balzac muliplie les aventures féminines : la duchesse d'Abrantès, La comtesse Guidoboni-Visconti…

1832
Première lettre de "l'Etrangère" Mme Hanska, l'épouse d'un comte ukrainien qui se passionne pour son œuvre.

Contes drolatiques, I

1833
Contes drolatiques, II

Le Médecin de Campagne

Eugénie Grandet

1834
A Genève début de sa liaison avec Mme Hanska.

Histoire des Treize

La Recherche de l'absolu

1835
Le Père Goriot

Le Contrat de mariage

Séraphita

En décembre, il reprend la revue La Chronique de Paris. Six mois plus tard, la publication est suspendue, il laissera une somme énorme dans ce fiasco.

1836
Le lys dans la vallée. Madame de Mortsauf doit plusieurs traits à Madame de Berny qui meurt cette année-là

1837
Illusions perdues, I

Il achète les Jardies à Sèvres

César Birotteau

Contes drolatiques, II

1838
Il séjourne en février chez Georges Sand à Nohant.

Il adhère à la Société des gens de lettres

1839
Il est élu président de la Société des gens de lettres

Il prend la défense du notaire Peytel, accusé de meurtre mais ne parvient pas à empêcher sa condamnation

1840
Balzac fonde une nouvelle revue, la revue parisienne et connaît un nouvel échec. Il est obligé de revendre sa propriété les Jardies à Sèvres

1841
Le curé du Village

Traite avec son éditeur pour la publication de la Comédie Humaine

Parution en feuilleton de la Fausse Maîtresse


4) Les années "Hanska"

1842
Balzac apprend la mort du comte Hanski, il fera tout pour revoir Mme Hanska.

1843
Il retrouve Mme Hanska et séjourne à Saint-Petersbourg entre juillet et octobre. Il espère pouvoir l'épouser mais elle se montre moins empressé que lui et doit d'abord régler des démarches administratives pour obtenir l'héritage de son mari.

1844
Etablissement du "catalogue des ouvrages que contiendra la Comédie Humaine"

Splendeur et misères des courtisanes, Honorine, Modeste Mignon

1845
Le mariage avec Mme Hanska monopolise toute son attention. Il écrit de moins en moins

1846
Petites misères de la Vie conjugale et La Cousine Bette

1847
Publication du Cousin Pons

1848
Il tente une dernière fois d'entrer à l'Académie française et connaît un nouvel échec.

Nouveau départ pour l'Ukraine en septembre. Il y arrive malade

Parution en feuilleton de l'Envers de l'histoire contemporaine, II.

1849
Il passe toute son année en Ukraine chez Mme Hanska

1850 Mariage avec Anne Hanska en Ukraine le 14 mars

Retour à Paris le 20 mai

Il meurt d'épuisement le 18 Août à Paris

1855
Mme de Balzac publie Les Paysans ( écrit en 1844 et inachevé)

1856
Charles Rabou publie Le Député d'Arcis ( écrit en 1847 et inachevé)

1876
Publication de ses œuvres complètes en 24 volumes

1882
Mort de Mme de Balzac

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Re: Topic: Le père goriot (Balzac)

Message par abualy le Sam 15 Sep 2007, 16:19

biographie détaillée de Balzac


Artiste et Écrivain (Francais)
Né le 20 mai 1799
Décédé le 18 août 1850 (à l'âge de 51 ans)

Après des études classiques dans sa Touraine natale, dès seize ans, il poursuit sa formation à Paris, et apprend le droit en étant clerc chez un avoué puis chez un notaire. À vingt ans, d'accord avec sa famille, qui lui donne deux ans pour faire ses preuves, il abandonne le droit pour la littérature. Ces deux années constituent l'apprentissage du romancier. Il s'agit d'observer la nature humaine qu'il ambitionne de dépeindre et d'apprendre la technique de l'écriture romanesque. Ses premiers essais, dont il n'est pas satisfait, sont publiés sous des pseudonymes. De retour dans sa famille au bout des deux ans imposés, il obtient de nouveaux délais, et continue, jusqu'en 1825, à publier sous de faux noms. La protection mondaine et financière de Madame de Berny, de quinze ans son aînée, avec qui il entretient pendant dix ans (1823 - 1833) une liaison qui lui fait une position dans le monde, le lance dans l'édition et l'imprimerie, aventures qui le laissent lourdement endetté.

Toute sa vie, malgré les énormes gains que lui vaut la publication de ses œuvres, Balzac reste en butte aux poursuites de ses créanciers, qu'une gestion désordonnée et un goût immodéré pour le luxe multiplient à ses trousses. La production forcenée de romans, entretenue par une imagination et une énergie prodigieuses, et soutenue par une consommation massive de café, maintient seule l'équilibre précaire de ses ressources.

C'est en 1829 qu'il publie enfin sous son nom deux œuvres qui contiennent déjà ses principaux thèmes romanesques : La Physiologie du Mariage, essai psychologique et social, et Le Dernier Chouan..., roman historique. Pendant vingt ans, il produit sans interruption une œuvre qu'il regroupe dès 1830 sous un premier titre générique, Études sociales, réparties en Scènes de la vie privée, Études de mœurs, etc. À l'intérieur du monde romanesque qu'il crée, le retour de certains personnages donne l'impression d'un monde exactement calqué sur le milieu social où vit l'homme réel. Il bâtit roman après roman cet ensemble qui prend en 1841 le nom de Comédie humaine. Les premiers succès de Balzac auprès du grand public sont, en 1831, La Peau de chagrin et, en 1834, Le Père Goriot, qui présentent une image de la société telle que la voit l'auteur, dominée par l'argent et l'ambition sociale, régie par l'appartenance à telle ou telle classe, et traversée par l'influence occulte de rapports mystérieux unissant le physique au moral. Qu'il peigne Paris (Splendeurs et misères des courtisanes, Les Illusions perdues, La Peau de chagrin, Le Père Goriot,...) ou la province (Le Curé de Tours, Le Lys dans la vallée, Eugénie Grandet,..), ou encore qu'il plonge dans l'histoire récente (Les Chouans, L'Histoire des Treize,...), il crée un univers dynamique dont les individus constituent, par l'addition de caractères psychologiquement déterminés, une architecture sociale complexe dans laquelle le lecteur est plongé par approches successives.

Il vient d'épouser Madame Hanska, riche veuve polonaise avec qui il entretient depuis plusieurs années une correspondance amoureuse, lorsqu'il disparaît, à peine âgé de cinquante ans, à la tête d'une œuvre colossale, compte tenu de la brièveté de sa carrière.

Le théâtre n'est pas, pour Balzac, l'expression littéraire la plus naturelle, mais, au XIXe siècle, le genre dramatique est celui qui permet le plus rapidement de se faire de l'argent. Aussi l'éternel endetté se lance-t-il avec ardeur dans l'écriture dramatique. Dès son plus jeune âge, il a commis, sept ans avant Victor Hugo, un Cromwell en cinq actes et en vers qui est irrémédiablement condamné par les autorités consultées. Après plusieurs tentatives avortées — esquisses inachevées, projets refusés (L'École des ménages, en 1839), ou représentation interdite (Vautrin, en 1840) — Les Ressources de Quinola sont enfin créées à l'Odéon, en 1842, échec mémorable qui limite à 19 le nombre des représentations. Suivent néanmoins Paméla Giraud (Théâtre de la Gaîté, 1843, 21 représentations), La Marâtre (Théâtre Historique, 1848). C'est à la Comédie-Française que Balzac destine Le Faiseur, reçu par le Comité de lecture en décembre 1848, mais c'est au Théâtre du Gymnase que la pièce est créée, sous le titre de Mercadet, un an après la mort de l'auteur.

La Comédie-Française met enfin la pièce au répertoire en 1868, avec succès. Mercadet, repris en 1879, en 1887, en 1899, en 1918, puis, sous son titre original, Le Faiseur, en 1993, fait aussi au XXe siècle une belle carrière sur d'autres scènes. À la Comédie-Française, c'est également sous forme d'adaptations que Balzac trouve sa place au répertoire, avec Vautrin d'Émile Guiraud, en 1922, et surtout La Rabouilleuse d'Émile Fabre (d'après Un Ménage de garçons, entrée au répertoire en 1936) qui connaît de nombreuses reprises.

En 1943, pour le centenaire de la Comédie humaine, Émile Fabre met en scène Vidocq chez Balzac, avec André Brunot dans le rôle du romancier


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Re: Topic: Le père goriot (Balzac)

Message par soukara_533 le Dim 16 Sep 2007, 06:55

Résumé du roman (plus détaillé):
Paris, automne 1819. Dans une pension miteuse de la rue Neuve-Sainte Geneviève, la maison Vauquer (du nom de sa tenancière), se côtoient des pensionnaires et des habitués du quartier qui ne viennent y prendre que le dîner . Ils ont pour nom Mlle Michonneau, Victorine Taillefer, Madame Couture, Monsieur Poiret, Bianchon, Vautrin, Eugène de Rastignac et le père Goriot. Quelques personnages émergent de ce groupe de pensionnaires falots : Vautrin, mystérieux pensionnaire d'une quarantaine d'années qui se fait passer pour un ancien commerçant; Eugène de Rastignac, fils d'une famille noble et désargentée de Charente venu faire son droit à Paris.
Il y a également le père Goriot, pitoyable rentier de soixante neuf ans qui mène une vie nocturne énigmatique. Il est le plus âgé de la Maison Vauquer et aussi le plus ancien des pensionnaires. Il y est arrivé en 1813 après s'être retiré des affaires. Les premiers temps, sa fortune et ses revenus lui permettaient d'habiter au premier étage l'appartement le plus cossu de la pension. Puis ses revenus diminuant mystérieusement, le vieil homme est monté d'étage en étage, logeant dans des appartements de plus en plus modestes. Il occupe actuellement une mansarde et est devenu le bouc émissaire de la Maison Vauquer. Les autres pensionnaires commentent son infortune avec peu d'élégance et le soupçonnent de se ruiner en entretenant des femmes du monde.
Eugène de Rastignac, jeune "ambitieux", rêve de s'introduire dans la haute société parisienne. Grâce à la recommandation de sa tante, il est invité à l'un des bals que donne Mme de Beauséant, l'une des femmes influentes de Paris. Il est ébloui par cette soirée et s'éprend de la Comtesse Anastasie de Restaud.
Il lui rend visite le lendemain, mais sa maladresse lui vaut d'être brutalement congédié par M. et Mme de Restaud. Rastignac se rend alors chez Mme de Beauséant où se trouve également la duchesse de langeais. Sa gaucherie prête encore à sourire, mais cette visite lui permet de résoudre l'énigme du Père Goriot. Les deux aristocrates se proposent de lui relater le drame du vieil homme : cet ancien négociant a fait fortune pendant la révolution. Il a consacré tout son argent au bonheur de ses deux filles, Anastasie, l'aînée et Delphine, la cadette. Après leur avoir offert une belle éducation, et leur avoir constitué une dot, il a marié Anastasie au Comte de Restaud et Delphine au banquier Nucingen.
Tant que le Père Goriot mettait sa fortune à la disposition de ses filles, ses gendres le ménageaient. Mais maintenant qu'il a des difficultés financières, ils ne lui manifestent qu'indifférence et mépris. Ils n'hésitent pas à l'évincer, ce qui désespère le pauvre homme qui a voué toute sa vie à ses deux filles. Rastignac est ému jusqu'aux larmes par ce récit. Mme de Beauséant prend prétexte de cette histoire pour donner à Rastignac ce conseil : arriver par les femmes. Elle lui suggère de tenter sa chance auprès de Delphine de Nucingen, la seconde fille du Père Goriot.
De retour à la Pension Vauquer, Eugène décide d'apporter son soutien au Père Goriot. Ayant besoin d'argent pour faire son entrée dans le Monde, il écrit également à sa mère et à ses sœurs pour leur demander de lui adresser leurs dernières économies.
Vautrin, qui devine l'ambition qui anime Rastignac lui propose un marché cynique : séduire Victorine Taillefer tandis que lui se charge d'éliminer son frère, seul obstacle à l'obtention par la jeune fille d'un héritage fabuleux. Rastignac épouserait alors Victorine et sa dot d'un million, sans oublier d'offrir à Vautrin une commission de deux cent mille francs. Fasciné, puis indigné par ce marché scandaleux, Rastignac refuse ce pacte diabolique. Vautrin lui laisse quinze jours pour réfléchir.
Le jeune étudiant préfère suivre les conseils de la Vicomtesse de Beauséant . II l'accompagne au Théâtre-Italien, où il se fait présenter Delphine de Nucingen . Il fait une cour assidue à la jeune femme.
De retour à la Pension, Rastignac rend visite au Père Goriot et lui raconte par le menu sa rencontre avec Delphine. Emu, le vieil homme qui croit toujours aux bons sentiments de ses filles, encourage Rastignac à continuer de fréquenter la jolie baronne. Une vraie complicité s'installe entre le Père Goriot et le jeune étudiant.
Eugène de Rastignac devient l'amant de Delphine de Nucingen et ne tarde pas à découvrir ses difficultés financières. Elle lui confie que son mari s'est accaparé de sa fortune et qu'elle ne dispose plus d'aucune ressource personnelle. Elle lui demande également de jouer pour elle à la roulette . Avec les cent francs qu'elle lui remet, Rastignac parvient à gagner, pour elle, sept mille francs . " Vous m'avez sauvée" lui confie-t-elle, lui avouant en même temps l'échec de son mariage avec le baron et les sacrifices qu'elle et sa sœur ont imposés à leur père.
De retour chez Madame Vauquer, Eugène de Rastignac apprend la nouvelle au Père Goriot. Le vieil homme est désespéré d'apprendre les soucis financiers de sa fille. Il souhaite saisir la justice pour lui permettre de retrouver sa fortune.
Rastignac prend goût aux soirées parisiennes, mais il dépense beaucoup d'argent et se montre beaucoup moins chanceux au jeu. Il mesure combien l'argent est essentiel pour s'imposer dans la haute société parisienne, ce que Vautrin ne manque pas de lui rappeler avec beaucoup de cynisme.
Au jardin des plantes, M. Poirer et Mlle Michonneau rencontrent un responsable de la police, Gondureau, qui leur indique la véritable identité de Vautrin : C'est un forçat qui s'est évadé du bagne de Toulon, où il avait le surnom de trompe-la-mort. Gondureau demande à Mlle Michonneau de lui administrer un somnifère et de vérifier qu'il a bien un tatouage à l'épaule.
A la pension Vauquer, Victorine laisse entrevoir à Eugène les sentiments qu'elle éprouve pour lui tandis que Vautrin poursuit secrètement la préparation du meurtre de son frère. Mlle Michonneau acquiert la certitude que Vautrin est le forçat qui s'est évadé du bagne et le fait arrêter. Le même jour un complice de Vautrin tue le frère de Victorine.
Tandis que les pensionnaires de la Maison Vauquer tardent, suite à ces événements, à retrouver leurs esprits, le père Goriot arrive tout souriant en fiacre. Il vient chercher Rastignac et l'invite à dîner avec Delphine, dans l'appartement qu'il vient de lui louer, avec ses dernières économies, rue d'Artois. Le vieil homme logera quant à lui dans une chambre de bonne au dessus de l'appartement d'Eugène.
A La Maison Vauquer, c'est la désolation, les pensionnaires partent les uns après les autres.
Les déboires financiers des deux filles du Père Goriot resurgissent avec plus d'acuité. Le baron de Nucingen indique à sa femme qu'il lui est impossible de lui rendre sa fortune sans que leur couple ne soit ruiné. Quant à Anastasie, elle ne parvient plus à rembourser les dettes causées par son amant, Maxime de Trailles et se voit dans l'obligation de mettre en vente les diamants de la famille. A l'annonce de cette double déroute financière, le père Goriot est victime d'un grave malaise. Bianchon, l'étudiant en médecine, ami de Rastignac, venu en renfort analyse les symptômes qui frappent le vieil homme et diagnostique une grave crise d'apoplexie.
Eugène passe la soirée aux Italiens avec Delphine . Le lendemain, il retourne à la pension Vauquer. Le Père Goriot est très affaibli. Eugène annonce alors à Delphine que son père est mourant mais celle-ci se montre indifférent à son sort.
A la pension, le père Goriot se meurt. Il souhaite une dernière fois voir ses deux filles, mais celles-ci demeurent tristement absentes. Seuls Rastignac et son ami Bianchon sont là pour accompagner les derniers moments du vieil homme. Eugène règle les derniers soins et l'enterrement du père Goriot; puis, accompagné du seul Bianchon, il assiste à la cérémonie religieuse. Le convoi funéraire se rend alors au Père Lachaise. "A six heures, le corps du père Goriot fut descendu dans sa fosse, autour de laquelle étaient les gens de ses filles, qui disparurent avec le clergé aussitôt que fut dite la courte prière due au bonhomme pour l'argent de l'étudiant. Quand les deux fossoyeurs eurent jeté quelques pelletées de terre sur la bière pour la cacher, ils se relevèrent et l'un d'eux, s'adressant à Rastignac, lui demanda leur pourboire. Eugène fouilla dans sa poche et n'y trouva rien ; il fut forcé d'emprunter vingt sous à Christophe. Ce fait, si léger en lui-même, détermina chez Rastignac un accès d'horrible tristesse. Le jour tombait, un humide crépuscule agaçait les nerfs, il regarda la tombe et y ensevelit sa dernière larme de jeune homme, cette larme arrachée par les saintes émotions d'un cœur pur, une de ces larmes qui, de la terre où elles tombent, rejaillissent jusque dans les cieux. Il se croisa les bras, contempla les nuages, et le voyant ainsi, Christophe le quitta.
Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut du cimetière et vit Paris tortueusement couché le long des deux rives de la Seine, où commençaient à briller les lumières. Ses yeux s'attachèrent presque avidement entre la colonne de la place Vendôme et le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde dans lequel il avait voulu pénétrer. Il lança sur cette ruche bourdonnant un regard qui semblait par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses :
- A nous deux maintenant !
Et pour premier acte du défi qu'il portait à la Société, Rastignac alla dîner chez Mme de Nucingen."
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